Dimanche 8
mars
2020
18h
Cinéma "à la belge"
Vase de noces (Thierry Zéno, 1974)
Left Bank (Pieter Van Hees, 2008)
Ok, ce n’est pas comme si on croulait sous l’abondance des films "de genre" belges, singulièrement du côté francophone, mais notre pays recèle tout de même quelques trésors trop souvent méconnus, et, depuis ses débuts, Forbidden Zone se fait fort de les mettre de temps en temps à l’honneur. Des films applaudis par la critique aux films underground, de La Mémoire du tueur (Erik Van Looy, 2003) aux Mémés cannibales (Emmanuel Kervyn, 1988), il y a de la place pour tout le monde ici. Ce mois-ci, nous vous projetons un pur OFNI (Objet Filmique Non Identifié) dépeignant la relation très particulière entre un homme et son cochon (Vase de noces) et un film fantastique polanskien dans lequel une jeune femme vit d’étranges phénomènes dans son nouvel appartement de la banlieue anversoise (Left Bank). Une production du Sud du pays et une du Nord, comme ça il n’y a pas de jaloux ! Sachez déjà que nous poursuivrons la réflexion sur le cinéma belge le mois prochain avec le documentaire Forgotten Scares : An In-depth Look at Flemish Horror Cinema…

Vase de noces (Thierry Zéno, 1974) à 18h30
Thierry Zéno est un cinéaste né à Namur « connu » des amateurs de curiosités trash pour Vase de noces ainsi que pour son Mondo movie Des morts (1978). Le reste de sa filmographie se partage entre documentaires sur des artistes (Ionesco, Rops) et documentaires ethnographiques. Il est décédé en 2017. Son Vase de noces est un film complètement à part, qui ne ressemble qu’à lui-même, une véritable expérience cinématographique unique en son genre. Un film d’auteur qui va jusqu’au bout de sa radicalité et de sa déviance. Un micro-budget, une équipe de tournage réduite à maximum trois personnes, un seul acteur sur toute la durée (le reste du casting se compose d’animaux), un noir et blanc austère, aucun dialogue… Bref, la parfaite antithèse du blockbuster hollywoodien ! C’est donc l’histoire d’un homme isolé, vivant en autarcie dans une vieille ferme, qui s’adonne à des passe-temps insolites et, surtout, qui vit une relation zoophile avec sa truie. Ben quoi ?

Left Bank (Pieter Van Hees, 2008) à 20h30
Une jeune athlète, contrainte à un repos de longue durée, rencontre un beau jeune homme qui tire à l’arc. Ce n’est certes pas Robin des Bois, mais il a quand même la classe, car il est interprété par rien de moins que Matthias Schoenaerts. Un beau petit couple se forme et, bientôt, la fille emménage chez son boyfriend. Quelques petites ombres viennent se dessiner sur ce tableau idéal : le corps de Marie lui joue de sales tours, et puis quelque chose ne tourne pas rond dans le bâtiment dans lequel ils vivent, voire même dans tout le quartier. Par exemple, la précédente locataire de l’appartement a mystérieusement disparu quelques semaines auparavant… Après plusieurs courts-métrages, Pieter Van Hees s’est fait remarquer avec ce premier long pour lequel il se montre soucieux d’ancrer le fantastique dans un terreau très réaliste. Au bout du chemin, un paganisme qu’on ne voyait pas forcément venir. L’actrice principale, Eline Kuppens, qui débutait alors au cinéma, livre une belle prestation. Linkeroever (c’est le titre en V.O.) se déroule sur un rythme posé jusqu’à sa conclusion étonnante, fascinante et mystérieuse.
 

Prix libre

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