Dimanche 6
novembre
2016
Ouverture des portes
à 18h • Premier film
à 18h30 précises
Cinéclub Forbidden Zone spécial “Slightly Mad”
In the mouth of darkness/L'antre de la Folie - John Carpenter – USA – 1994 - VoStFr
Jacob's Ladder/L'échelle de Jacob – Adrian Lyne - USA - 1990 – VoStFr
Slightly Mad ou le Psychiatric 90ies. De très bons réalisateurs se sont penchés sur le sujet de la folie dans le cinéma de genre, l'horreur dans le cas qui nous occupe. John Carpenter, qu'on ne présente plus, nous sert un fabuleux thriller horrifique et Lovecraftien "L'Antre de la Folie" tandis qu' Adrian Lyne qui n'avait pas encore, à l'époque, donné dans l'étrange, acouche d'une échelle, celle de Jacob dans ce petit bijou d'angoisse et de glauquerie.


In the mouth of darkness/L'antre de la Folie - John Carpenter – USA – 1994 - VoStFr

John Trent est enquêteur pour les assurances. Il est chargé par le directeur d’une maison d’édition de retrouver Sutter Cane, écrivain à succès qui a mystérieusement disparu. Au cours de ses investigations, Trent se rend compte que le monde terrifiant servant de décors aux romans de Cane serait en fait bien réel...
John Carpenter est au creux de la vague lorsqu’il accepte de reprendre le scénario de L’antre de la folie (1995) des mains de Mary Lambert. La société New Line (connue alors pour la série des Freddy) lui confie ainsi un budget serré d’environ dix millions de dollars afin de concrétiser sa vision d’une histoire qui lorgne de manière évidente sur l’univers de Lovecraft. Après avoir commis quelques erreurs de jugement, totalement coulé artistiquement et financièrement par l’échec des pathétiques Aventures d’un homme invisible (1992), John Carpenter remet les pendules à l’heure et rappelle avec force qu’il reste un des maîtres du cinéma d’horreur.
A l’aide d’un script malicieux de Michael de Luca, il signe ici un de ses meilleurs films, mêlant avec talent horreur graphique et réflexion sur la fine barrière entre réalité et fiction. Débutant dans une atmosphère typique du film noir, le métrage évolue de plus en plus vers une ambiance onirique croisant plusieurs influences : les gamins filmés au ralenti évoquent l’univers des Freddy, les monstres font penser aux créations lovecraftiennes, tandis que la mise en abyme sur les rapports entre l’écrivain et sa création nous plonge en plein Stephen King. Pourtant, au milieu de ces multiples références, Carpenter réussit à trouver une unité de ton et réalise un film tout à fait flippant, obligeant le spectateur à réfléchir sur la nature humaine, la religion et l’imaginaire. Soutenu par un casting irréprochable - dont un étonnant Sam Neill, totalement halluciné - et par une musique efficace, L’antre de la folie s’impose d’emblée comme un chef-d’œuvre du genre.
La fin apocalyptique proche des films de Romero renforce un peu plus l’impact de ce petit concentré de pessimisme radical. La meilleure idée étant que le film lui-même devient une menace pour le spectateur. (...) Carpenter a toujours été capable du meilleur et du pire, mais cette pellicule vénéneuse fait partie du haut du panier.

(Extrait de www.avoir-alire.com/l-antre-de-la-folie-la-critique par Virgile Dumez)

Jacob's Ladder/L'échelle de Jacob – Adrian Lyne - USA - 1990 – VoStFr

Jacob Singer, un employé des postes new-yorkaises, est assailli de nombreux cauchemars éveillés. Il voit des hommes aux visages déformés et se retrouve dans des lieux qu'il ne connaît pas. Il est également victime de flashbacks incessants, de son premier mariage, de la mort de son fils et de son service au Vietnam. Avec l'aide de Jezebel, son épouse, et alors qu'il s'enfonce dans la folie, il tente de comprendre ce qui lui arrive.

Étrange, déstabilisant, complètement paranoïaque, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette œuvre majeure dans la carrière du réalisateur Adrian Lyne dévoilant au passage une future star, Tim Robbins. Il faut dire que l'acteur offre un interprétation très juste dans le rôle de ce rescapé du Vietnam, dont le chemin de croix spirituel s'inspire des expériences traumatiques subies sur le champ d'honneur.

De son côté Adrian Lyne, pour son baptême de l'air dans le domaine du fantastique, parvient à hisser son film à un niveau d'angoisse particulièrement intéressant, jouant des contrastes alors que l'univers oscille entre réalité brut de décoffrage et hallucinations cauchemardesques, sans tomber dans la soupe illisible et indigeste. À ce niveau, le réalisateur impressionne même, maîtrisant parfaitement la mécanique du genre, au point de devenir la référence que l'on sait, jusque dans le monde vidéoludique...

Entretenant une certaine ambiguïté et cultivant une imagerie glissant progressivement vers le fantastique, Lyne offre un univers graphique innovant, percutant, voire flippant.

C'est aux abords de cette frontière entre la vie et la mort, le songe et la réalité, que se construit insidieusement L'Échelle de Jacob. Vie fantasmée ?  Refus de la mort ? Chacun interprétera à son bon vouloir les multiples pistes laissées par le réalisateur. 

Parfaitement construit, on reste longtemps immergé dans cette péloche où le spirituel se mêle à une poésie macabre et ce, même après le générique de fin. En effet, sa conclusion fait office de claque, comme on en voit trop rarement au cinéma. Trop simple diront certains aujourd'hui, mais diablement original et efficace pour l'époque.

(Extrait de www.terreurvision.com/2014/07/lechelle-de-jacob-19901991-de-adrian.html




 
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