Dimanche 7
février
2016
Ouverture des portes à 18h, premier film à 18h30 précises
Spécial «Fucked Up Romance from Hell»
May – 2002 – Lucky McKee
Bride Of Chucky – 1999 – Ronny Yu
Février, c'est le mois de l'amour, du romantisme, des membres découpés et recousus, des poupées maléfiques, de l'horreur, de l'humour noir, du sang qui coule... et oui, l'amour avec un grand « A » comme dans « Aaaaaargh ! ».

Oubliez la St Valentin, son overdose de pralines, ses bouquets de fleurs qui empestent le bon sentiment et rejoignez-nous dans le côté obscur pour un massacre en bonne et due forme.


MAY - Lucky McKee – USA - 2002 – 1h33

May est une jeune femme solitaire qui travaille dans une clinique vétérinaire. Elle n’arrive à vraiment communiquer qu’avec une poupée enfermée dans une boîte en verre que lui a offert sa mère lorsqu’elle était enfant.
Elle fait la rencontre d’Adam, un mécanicien dont elle admire les belles mains. Intrigué par cette fille bizarre, il commence à sortir avec elle…

L’image que l’on donne aux autres et celle que l’on a de soi. L’amour, la haine qu’on lui porte. Et la création d’un modèle parfait. Dans May il y a tout cela. La quête de la jeune May n’est pas autre chose que celle de la reconnaissance.

Si elle s’invente des amis de toutes pièces, c’est que son étrangeté l’empêche d’avoir une vie sociale orthodoxe. Le fétichisme lui sert de remède. Mais la normalité n’est pas toujours celle que l’on croit. La relative neutralité de May lui permet d’observer la folie et les comportements aberrants des personnages qui l’entourent.
A l’image d’Adam, fan de films d’horreur qui se la joue rebelle mais est effrayé par son attitude inhabituelle. Ou de sa collègue lesbienne volage fascinée par toutes les sortes de déviances sexuelles.

Ce décalage permanent de May avec son environnement, sa volonté de s’en sortir malgré tout, prêtent à sourire. Même les situations classiques de la vie ordinaire, comme son travail d’assistante d’un drôle de vétérinaire, ne font que souligner sa différence. Ces scènes du quotidien sont toutefois inégales et ne brillent pas toujours par leur pertinence. Mais ces éléments de comédie ne sont au fond que des apparences précaires. Le personnage de May est plus inadapté qu’il n’y paraît.

Et lorsque les difficultés et les désillusions s’amoncellent, son déclin n’en est que plus pénible. May est un personnage passionnant, formidablement incarnée par Angela Bettis, révélation absolue. Touchante et effrayante à la fois, imprévisible et cohérente dans sa logique, on ne l’oublie pas. Cet attachement viscéral à ce personnage vient même fausser la perception qu’on peut avoir du film. Derrière la fragilité de la femme-enfant se cache un potentiel de violence déconcertant. Il s’agit probablement d’une volonté manifeste du réalisateur: les tribulations de May choquent d’autant plus que le spectateur s’est attaché à elle. C’est à ce moment que l’édifice savamment construit par Lucky McKee prend toute son ampleur. De ce paradoxe naît toute l’admiration, ou le dégoût, et parfois les deux simultanément, qu’on peut avoir pour May, le film.
Susciter deux émotions aussi antagonistes relève en soi de l’exploit. L’humour noir se transforme alors en poésie macabre. La dure réalité de la vie laisse la place au fantastique. Et le rêve prend définitivement le dessus sur le monde tangible (...) (Yannick Vély – Filmdeculte )



BRIDE OF CHUCKY – Ronny Yu - USA - 1999 – 1h29

Tiffany, la dernière amante de Chucky pendant qu'il était humain, assassine de sang froid dans un hangar désaffecté un policier qui quelques minutes auparavant avait dérobé la poupée pour elle dans un commissariat de police. Elle décide de la ressusciter par une incantation vaudoue. Celle-ci pensait naïvement, par une bague trouvée dans l'appartement, qu'il voulait la demander en mariage la nuit de sa mort. Hélas, cette bague volée n'était qu'un trophée pour Chucky. Déçue, elle l'enferme et lui offre en moquerie une poupée d'une mariée. Chucky ne cherche qu'une chose, prendre possession du corps de quelqu'un. Il tue Tiffany, qui était déterminée à ne pas le laisser se remettre en humain tant qu'il ne l'épouserait pas, et transfère l'âme de Tiffany dans une poupée. La seule solution pour retrouver leur forme humaine est de traverser les États-Unis.

La Fiancée De Chucky est le quatrième opus de la saga de la célèbre poupée.

Le 9 novembre 1988, Charles Lee Ray, un célèbre tueur en série est assassiné lors d'une fusillade dans un magasin de jouets. Mais avant de mourir, ce dernier trouve le temps de transférer son âme dans une poupée.
Il va ici retrouver une ancienne petite amie éperdument amoureuse de lui depuis une prétendue demande en mariage du temps de son vivant. Commence alors une fou road trip en compagnie de Chucky et de Tiff, bien décidés à reprendre forme humaine.

Ce qu'on note principalement dans cet opus, c'est l'humour et la satire omniprésente. On en dénotait déjà un soupçon dans les précédents Chucky avec des répliques d'un humour noir bien cinglant.
Mais c'est vraiment avec le quatrième épisode de la saga se classe désormais au rang de comédie horrifique.

On perçoit nettement cette envie de basculer dans la comédie dans les films précédents. Elle trouvera d'ailleurs son apogée avec Le Fils De Chucky, bien plus comique qu'horrifique.

Le couple Chucky/Tiff est jouissif. Il en devient difficile d'imaginer notre Chucky sans fiancée. L'alliance de l'horreur et de l'humour nous offre un spectacle incroyablement bien rythmé. On ne s'ennuie pas une seconde et on rit beaucoup. On prend plaisir à voir notre couple en cavale s'acharner sur nos protagonistes et se débarrasser avec originalité des personnages un peu trop gênants.

La bande originale est très bonne. On y retrouve Rob zombie, Blondie, Slayer, Judas Priest, Bruce Dickinson, Insane Clown Posse.

La Fiancée De Chucky a été nommé à diverses reprises comme pour le prix du meilleur film d'horreur, du meilleur scénario et de la meilleure actrice pour Jennifer Tilly lors de l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur de 1999.

Pour conclure, je dirai juste qu'il s'agit selon moi du meilleur film de la saga. (Scylla – Avenue de l'horreur).
 
Entrée prix libre (1 euro minimum par film)

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