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Battue, chasse au gluau (Petite branche enduite de glu pour attraper les oiseaux en tenderie) ou au filet, chasse silencieuse à l'appeau ou à l'approche, gibiers à plume ou à poil préparez-vous!
En juillet 2004, le gouvernement a ouvert la procédure " d'activation du comportement de recherche d'emploi ", chasse aux chômeurs pour les intimes. Pour gérer sa population de "sans-emploi", la première année, il s'est mis à traquer le gibier le plus jeune, les moins de 30 ans. En juillet 2005, il s'est mis à l'affût des 30-39 ans et dès juillet 2006, ce sera la battue au moins de 50 ans. Pour les plus vieux, il a déjà sorti son plan d'attaque aux prépensions. Après les séances d'information au FOREM (les présences et absences sont systématiquement transmises à l'ONEM), une lettre prévient son destinataire qu'il aura rendez-vous, au plus tôt dans 3 mois, avec l'un des 120 facilitateurs engagés par l'ONEM (c'est plus joli que contrôleurs qui eux d'ailleurs restent en action pour compter le nombre de brosse à dent qu'il y a dans votre salle de bain - n'oubliez pas que sans ordonnance du tribunal de police, ils n'ont pas le droit d'entrer chez vous!) pour évaluer s'il a fait "suffisamment d'efforts pour trouver un emploi". Ne pas répondre à cette convocation c'est l'exclusion. Si l'issue du premier entretien est positive, il pourra souffler pendant 16 mois. Si elle est négative, il devra signer un contrat sur des actions à accomplir (s'il refuse, exclusion); ce qui sera vérifié quatre mois plus tard. A ce deuxième entretien, si tout va bien, il sera tranquille pour 12 mois. Sinon, il écope d'une sanction provisoire (réduction des alloc' ou suppression pendant plusieurs mois) et d'un nouveau contrat. Quatre mois plus tard dans ce dernier cas, troisième et dernier entretien pour juger si cette fois il a bien respecté son contrat. Négatif: exclusion définitive... Ce plan ne changera rien au chômage, il n'aide pas à trouver un boulot comme il le prétend ni à le garder quand on en a un. Il contraint les chômeurs à accepter la flexibilité par n'importe quel emploi, à culpabiliser pour ce maigre subside qui lui permet de choisir ce qu'il va faire de sa journée sans trop consommer. Depuis quelque temps, de nombreuses personnes nous envoient leur CV ou se présentent chez nous pour un emploi. C'est avec plaisir que nous étoffons leur dossier pour l'ONEM. Jusqu'à présent, aucun d'entre eux n'a été exclu et on nous raconte même des anecdotes qui font ressembler ces "contrôles renforcés" à une grosse blague. Une dizaine de lettres ont généralement suffi à prouver leur bonne volonté pour 16 mois. Là où on ne rit plus, c'est quand on nous raconte que quelqu'un a eu des ennuis parce que l'agence d'intérim qui lui proposait de se lever à 5h du mat' pour un boulot de 3h a dénoncé son refus à l'ONEM, c'est quand on parle avec des gens qui cherchent désespérément un salaire pour quitter leur taudis et qui n'en trouvent pas, c'est quand on entend toutes ses inquiétudes qui pèsent sur eux à cause des contrôles, de leur précarité. Pourquoi voir les allocations de chômage comme une forme caritative d'assistance publique? Les chômeurs qui donnent bénévolement et volontairement leur énergie dans les associations sans avoir demander une autorisation au préalable comme des travailleurs au noir? Les non salariés comme responsables du chômage, des faillites et des délocalisations? Ceux qui préfèrent manger des pâtes au ketchup en fin de mois comme des "fraudeurs sociaux" de la pire espèce? Comme on ne rira plus quand on rencontrera quelqu'un qui a été exclu. Tania |
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