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         Une pièce de Estela Zutic et Gilles Duvivier.

Nul coma zero - nul de botten - nul comma nieks - zéro pointé


         'Nul coma zero' concerne le rien. Le rien comme potentiel, comme point de départ, comme page blanche. Le rien comme vide après la destruction, la perte, la mort. Le rien comme manque de sens. Le rien comme liberté et paix quand la roue s'arrête enfin de tourner.

         Le langage que Estela Zutic et Gilles Duvivier développent pour tourner autour de ce thème est multiple et non hiérarchisé : mots, mouvements, manipulations d'objets et de lumière, musique, action et non-action ont pour eux un droit égal à faire langage, et transgressent donc les frontières entre danse, théâtre, installation, etc.

         Les mouvements et manipulations y sont loin de la virtuosité, du spectaculaire et de la recherche d'effets : on est plutôt résolument du côté du non-spectaculaire et de la simplicité, de la mise en présence de différents éléments de langage, accentués ou non.

         Leur langage s'y fait, peut-être à la manière orientale, un langage qui contourne, et multiplie les points de vue, bien plus qu'il n'imposerait, comme le ferait un manifeste. Il offre au spectateur l'espace et le temps pour laisser émerger ses émotions et construire une pensée. Pour ce faire, ils prennent résolument le temps, pour laisser les émotions et le sens se déployer, tantôt dans la douceur, tantôt dans la violence. Ils demandent au spectateur une certaine activité, de construction du sens, en même temps qu'une disposition à l'absence d'activité.

         Ils sont leurs propres techniciens son/lumière, et la scénographie et la technique sont relativement simples : aucun des éléments utilisés ne leur est étranger, mais au contraire tous leur appartiennent, ce qui leur permet de jouer autant dans des structures équipées que complètement vierges. Ceci leur garantit liberté et autonomie, en même temps que cela s'inscrit dans leur volonté de remise en question - voire de rejet - de la consommation systématique de matériel coûteux et de la définition de ce qui fait spectacle et langage.
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