�D�i�s�t�r�'�Oï� précédent suivant EDITO DISTRO singe blanc raxinasky VideOzonE Pink Dots Jacquy Bitch NBC Egos
menu du dessus
index sommaire distro pour nous contacter sommaire sommaire
            


               Hello,

               Après vos Distr'oï Niouzes de mars presque exclusivement dédiées aux lectures, revoici quelques nouvelles musicales en provenance de nos bacs oranges (dont certains pensent qu'ils sont rouges). Du jaune d'abord, comme la pochette du best-of de Blurt qui couvre la période allant de 80 à 86. Blurt c'est le groupe de Ted Milton, pour ceux qui l'ignorent, saxophoniste-chanteur allumé et talentueux comme on peut l'entendre sur ces 13 titres mélangeant funk, punk et new-wave avec bonheur. Un disque venu à point pour remettre les pendules à l'heure en ces temps de glorification de Radio 4, Rapture |& consorts n'ayant pourtant rien inventé. Vingt ans avant eux leurs aînés tels Gang of 4, A Certain Ratio ou Blurt savaient déjà comment être à la fois incisifs et faire groover. Petit plus pour ces derniers, le minimalisme tribal des premiers morceaux rappelle agréablement les meilleurs moments de Can (BLURT Best of vol.1/The fish needs a bike/Salamander records).



Autre genre, quoique tout aussi dansant, le split cd Loop/La Géante Urbaine confronte 2 approches d'un seul style musical qu'on pourrait définir (en gros) comme un croisement electro/drum'n'bass. Mais là où les premiers l'explorent de manière ludique et décontractée avec certains samples hilarants (et en français s.v.p), les seconds optent pour des atmosphères plus troubles teintées de psychédélisme jazzy. Voilà de quoi vous offrir d'agréables voyages lors de vos soirées enfumées (LOOP+LA GEANTE URBAINE Electro tour / Epileptic Records-Entourloupe). Est-ce lors d'une de ces soirées que les Teutons de The Robocop Kraus ont trouvé un nom aussi charmant pour leur groupe ? Le mystère demeure... essayons tout de même de dégager quelques certitudes au sujet de ce quintet et de leur nouvel album. C'est toujours le même cocktail frais et coloré d'emo, de pop, de disco-punk et de new-wave bien dosés dans des titres accrocheurs et souvent dansants. Le packaging est à voir absolument pour tous les amateurs d'objets originaux et amusants. Par contre, le son est peut-être un poil plus produit et on ne retrouve plus toute l'urgence qui suintait du précédent et excellent Sexy Tiger dont je vous chantais les louanges en son temps. Peut-être est-ce simplement l'effet de surprise du groupe qui a disparu sur un album qui reste hautement recommandable malgré ce petit bémol (THE ROBOCOP KRAUS Living with other people / L'Age d'or-Day after records) Une hypothèse qui mériterait d'être développée dans un prochain épisode de Derrick, fan de la première heure et inconditionnel du groupe. Alors tous devant la télé et arrêtez de lire bandes d'intellos !

               Ciao!

               Non, pas tout de suite, Phil ! Avant de jeter nos lecteurs dans les bras de la pub, il faudrait qu'on les iintoxique nous itou (aka Frédé & Xian), mais à notre sauce, de faits et gestes de zouaves dont on apprécie bien l'inspiration et la démarche, que ce soit au rayon zik ou bouquins. Et, justement, si on vous cause de plus en plus régulièrement de nos papiers/cartons – et pourtant pas encore exhaustivement, dommage !-, c'est bien parce que ce secteur de notre vénérable distro est actuellement en plein boum ou, plus exactement, parce que certain/Es d'entre nous sont poussé/Es par l'envie d'établir des contacts avec des créateurs, éditeurs et diffuseurs qui, issus de milieux très diversifiés, incarnent des vecteurs de paroles singulières. Parfois, il n'est même pas nécessaire de frapper à leur porte ; reluquer à travers la fenêtre suffit à combler nos attentes, voire à les dépasser complètement...




               Pour preuve, la rencontre (lors d'une séance de présentation concoctée par le Ciné Nova – Bruxhell- à la mi-janvier de cette année) avec l'équipe d'animation de CO-ERRANCES (basée à Paris, cette coopérative de diffusion/distribution de textes, sons, images est née il y a un an à peine et constitue une véritable vitrine pour les pensées critiques traversant ces disciplines artistiques), vis-à-vis de laquelle on s'est senti suffisamment proche (et vice-versa) pour solliciter un partenariat qui nous amène carrément à proposer aux curieux des soirées videOzone, une Distr'oï nouvelle configuration, spécifique au ciné-club maison. A ce propos, les premières chroniques de journaux, revues, bouquins, VHS et DVD inclus dans la récente livraison co-errante (6,5 kg de textes et 6,73 kg d'images-sons cueillis sur place par Ledoux Jésus !) devraient bientôt couler des plumes de Michel et Greg, et ainsi venir s'ajouter aux traditionnelles colonnes rédigées par les membres de la confrérie des concerts, à qui il ne sera pas interdit, que du contraire, d'y aller de leur(s) contribution(s). Pour plus de détails, guettez les prochaines Niouzes (début mai) dans ce mensuel, mais surtout le complément on line à cette rubrique, dès à présent accesssible sur le site de La Zone. Mais en attendant, let's take some more food for thought, à nouveau offerte par Frédé-Frédé

               KONTAGION #8 :



               Un plus pour nos esprits la recherche frénétique de décadences graphiques, c'est KONTAGION, transport depuis Paris par not' pot' Csar. Et c'est un mille-feuillu de dessins et de dessinateurs, de quoi provoquer la dysenterie mentale, ça ne fait pas mal), et on en redemande dj... 72 p. de noirs et de blancs, de grisailles, de styles purs l'arrache, très personnels pour certains, très stylisés pour d'autres. Rêves, cauchemars qui vont avec, réalités, fantasmes et vies ordinaires, c'est le flash chaque page, jur, c'est du rock, c'est punk, élektrik, c'est pop et mme parfois psychédélique. Florilège de pattes d'aminches nous, vous, eux, on (re) connatra Souris (et ses potes-modèles), Gom, Gaby, Rics, Fonzo, Ali Kadhar, Chaos (pas Pat, pas encore), Riri et les autres... Pour parfaire l'amusement, une kritik-cin de Julio de la Vega, kroniks-muziks de Régis, des jeux intellectuels et non. Pour contacter Csar : Kontagion, BP 241 Paris Cedex 13, France. Ou éventuellement lors de ses ribotes à Liège.

               EN TRAVERS DE LA GORGE textes et dessins de Titom, dit par Aden, La Souris Qui Rugit et Attac Bruxelles :



               Titom, par ses textes est ses desssins, croque et mord un système qui mondialise l'argent et isole les peuples et les individus. Son livre éclaire de façon simple mais sans concession, les mécanismes du néolibéralisme et les tourne méchamment en ridicule. Le discours dominant adore utiliser des termes pompeux pour brouiller les pistes : mots techniques incompréhensibles, initiales claquées comme des slogans : OMC ! AGCS ! GATT ! Le but : maquiller une politique de régressions économiques et sociales, Titom, lui, s'amuse à déshabiller, armé de son seul crayon, les mécanismes bien huilés d'un système dévastateur. Lecteurs chastes s'abstenir : chez Titom, le capitalisme est nu.

               Voici ce que nous indique le quatrième de couverture à propos de ce recueil. Qu'est-ce que j'en dirais à mon tour ?

               Un conte, certainement pas, mais une histoire bien vraie avec de vrais personnes en jeu. G8 (les sept pays les plus riches : USA, Japon, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie, plus la Russie), Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce, Accords Général sur le Commerce des Services, Economie Mondiale, Bush, Afghanistan, terrorisme, Irak, pétrole, Edifice européen, euro, Société de Consommation,... : nombre de questions et de réponses évidentes dépeintes par Titom, et qui lui restent autant en travers de la gorge que nous. C'est une autre faon de relater l'Histoire Mondiale, celle-ci ne pouvant plus se passer de l'économique qui la qualifie si bien, une analyse d'un état des faits dont les textes clairs sont soutenus par des dessins naïfs et percutants à la fois. Convaincu ou non au départ, on referme le livre de Titom avec un esprit clairvoyant et la certitude d'un sentiment largement partagé. Il devrait passer entre toutes les mains (convaincues ou non), libre de copie (sous condition de respect, hein), ses coups de crayon devraient se répandre rapidement. On peut d'ailleurs les retrouver chaque mois dans l' Angle d'Attac, le journal d'Attac Bruxelles et sur www.indymedia.be. On ne le perd pas de vue...

               Maintenant Musique Encore !



               Et hop ! Voici venir, Dans Votre Distro, le tout premier support digital son et image, et c'est signé RENE BINAME (ET LES ROUES DE SECOURS, elles sont passées où celles-là ?).

               Quel événement ! Pas tant qu'on soit soucieux de suivre le rythme effréné des avancées technologiques (la hi-tek montre souvent des signes précoces de grosse fatigue que même c'est fait pour, puisqu'on vit sous le règne du prêt-à-jeter), mais plutôt parce que c'est le tout premier album live des vétérans de la scène ânarcho-dinantaise (celle-là aussi, on se demande où qu'elle est passée) avec, forcément, les imâches où s'qu'on les voit.

               Egalement parce qu'il s'agit d'un condensé de plus de 17 années passées sur la route, de capitales en hameaux, de squatts en salles paroissiales. La trajectoire de ce combo trash-musette, qu'on adore ou qu'on déteste, est effectivement assez atypique.

               En grande partie parce que le groupe a clairement choisi la voie de l'autoproduction et qu'il a atteint à sa main des objectifs que la plupart des autres groupes rock auraient voulus bien plus instantanés. L'épopée binamesque est donc avant tout une histoire entre des gens , à commencer par les membres mêmes du groupe, qui a vu défiler, jusqu'à aujourd'hui, une dizaine de zicos répartis dans des formules à trois ou à quatre.

               Déjà une belle série de chimies différentes... Mais au-delà de ces popotes internes, les Binamés ont surtout constitué un énorme prétexte à la rencontre avec et entre des milliers de personnes à travers une kyrielle de concerts, tournées et festivals inclus, soit plusieurs centaines de dates programmées dans l'aire francophone (Europe, Québec) et au-delà (en Flandre par exemple). Une impressionnante collection de cassettes, vinyles et lasers (tous écoulés via divers canaux de distribution sous contrôle, mais principalement lors des concerts et en VPC) a permis aux Binamés de s'installer partout dans les foyers, qui vibrent encore aux sons des livraisons spéciales de Noël, Saint-Valentin, visite papale avortée (c'est un comble !) et j'en oublie d'autres certainement. En termes d'aventures humaines, c'est aussi des coups de cœur pour des comparses tels que LES SLUGS et bien d'autres (cfr. Le CD Réunion de la Famille en 1993).

               Le réseau s'étendra ensuite par-delà les frontières d'ici, grâce aux concerts donnés à l'étranger, bien sûr, mais aussi notamment grâce à Aredje, version zine papier créé, au départ, dans un but autopromotionnel , et qui servira par la suite de bulletin de liaison à tout un réseau regroupant les collègues rencontrés en cours de route (bonjour les plans concerts et tournées avec LTS et tant d'autres). Chal é Asteure , le catalogue de vente par correspondance inclus au zine maison, s'étoffera rapidement itou, proposant d'autres réalisations DIY que celles parues sous l'étiquette Aredje. Les liens étroits qui unissent nos lascars à Félicia et Jean-Luc ( Clac Boum , La Grange et A la Maison à Marche-en Famenne) aboutiront, entre autres, à la mise en route du Festival des Avins, dont l'expérience sera répétée à plusieurs reprises durant les 90's. Nombre de nobles causes verront également les Binamés grimper sur les podiums (antifa festivals et bien d'autres).

               Voilà, trop brièvement résumées dans le désordre, les traces laissées par ce poisson-pilote de la scène underground locale jusqu'à la sortie, fin décembre 2003, de l'enregistrement public réalisé à la Casa del Popolo (damnfine coffee food music art & books de Montréal), à propos duquel voici quelques notes prises lors d'une bien agréable projection en petit comité distro réunissant Pat, Eric & Xian.

               La séance s'ouvre sur l'arrivée des musiciens, parmi lesquels s'est glissée la rieuse bouille d'un voisin qui s'appelle Daniel (le Bonsoir Limelette ! , lancé depuis le podium dès l'entame du concert lui est adressé, et tant pis pour les autochtones québecois, qui restent en dehors du coup, et vous ?).

               Viennent alors les premières notes des 26 titres revisitant toutes les périodes de la touffue discographie binamesque. Cette playlist est émaillée de quelques rares temps morts durant lesquels les farces se succèdent allègrement. Morceau choisi : on réclame (une reprise de) AC/DC dans l'assemblée et Es Gibt de renvoyer : j'ACCEPT , Les filles et les garçons (c'est du genre 50-50 !) qui ont ralié ce haut lieu des nuits endiablées entrent rapidement en ébullition. Le choix de la caméra est clair dès le départ : groupe et public ne feront qu'un. En passant des visages expressifs des occupants de la scène au parterre dévolu au public, on reconnaît Marcor qui plante sur une chaise derrière le stand distro.

               On le reverra d'ailleurs dans la suite du menu pour une petite séquence façon Strip Tease . Voilà tout pour la portion concert principale. Ensuite, on y trouve quatre titres fixés sur pellicule lors d'autres concerts donnés sur la même tournée québecoise. Et puis, quatre clips issus des archives maison, dont on retiendra le très émouvant An der schönen blauen Hilau , collage de prises de vues extraites de concerts à Genève, Lausanne et Bruxelles. Il s'en dégage une incroyable chaleur, jaillissant de la justesse entre le son et l'image.

               On n'y voit que les publics chavirant de bonheur, que ça c'est pas du préfab. Probablement les plus beaux instants sur ce védévé . On notera la présence de quelques interludes drôles comme tout et une présentation des six albums précédents sortis par le groupe, ainsi que le CD de TUNA aka Binam' tout seul dans ses élucubrations électro (et oui, M'sieurs Dames). Finalement, même si l'avertissement (signé RENE BINAME au complet ?) et le texte de présentation (rédigé par Binam') sont au poil , on regrettera la minceur du livret accompagnant le disque, mais bon, il doit bien y avoir l'une ou l'autre bonne raison... (Pour plus de renseignements, et pour les écouter, checkez leur site, aux binamés : www.aredje.net

               Et maintenant, c'est fini. Et maintenant, c'est fini.

               Page rédigée par Phil Distro, Xian & Frédé-Frédé).

menu du dessous

maj
site meter