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petite voix : dis, Maman, pourquoi j'ai toujours du sable dans les yeux quand je vais faire dodo?
voix de maman : c'est à cause du marchand de sable, mon Chéri. Il passe tous les soirs pour mettre un peu de sable dans les yeux des enfants quand il est tard assez et qu'ils doivent aller faire dodo.
petite voix : et comment il s'appelle, Maman, le marchand de sable?
voix de maman : chez nous, il n'a pas de nom, mon Chéri, mais, en Norvège, on l'appelle Ole Lukkoye.
petite voix : son papa était espagnol, Maman?
voix de maman : mais non voyons, Ole, c'est un prénom norvégien et "Lukkoye" veut dire "apporter les rêves".
Ole Lukkoye, comme son nom ne l'indique donc pas, est un groupe originaire de Saint-Petersbourg que la Zone accueille pour la première fois, même s'il est vrai qu'une poignée de fidèles avaient eu l'occasion de s'en émerveiller en juillet passé, du côté des dolmens de Wéris où nous avions convié le quatuor.
L'histoire du groupe remonte à la fin des années '80, à l'apogée de la scène underground soviétique qui profitait alors des mutations politiques pour diffuser plus largement ses productions musicales.
Dès "Zapara" (1993) et "Toomze" (1996), leurs premiers albums, Ole Lukkoye s'imposa indéniablement comme un des meilleurs groupes de l'Europe de l'Est grâce à ce brassage subtil entre les multiples influences héritées des quatre coins de l'ex-URSS (dont le Tuva, une région du sud de la Sibérie connue pour ses chants gutturaux si particuliers) et les rythmes tout aussi envoûtants de la trance et de l'ambient de l'Europe occidentale.
Leur musique évoque les shamans, les marchés colorés de l'Orient, les steppes sibériennes qui se teintent soudain de transe psychédélique amanitique quand la guitare distortionnée et les claviers rencontrent les percussions, la bandura, l'ocarina, le basson, la corne et les chants scandés à la manière du Peuple des Hommes.
Sur scène, Boris Bardash (chant, keyboards, guitare) et ses trois compagnons dégagent une puissance musicale et une émotion rares, sublimées par un show visuel psychédélique époustouflant. "Crystal Crow-Bar", le dernier album en date (et le meilleur!), a été produit par H.J. Irmler, membre fondateur de Faust, mythiques pionniers allemands de la "stoned electronic experimentation" du début des seventies.
Entre rock psychédélique et "world music", Ole Lukkoye fait dorénavant partie de l'élite européenne et fascinera les fans de Korai Orom, d'Ozric Tentacles, de Vagtazo Halottkemek, de Troitsa et, en tous cas, vous fera trancedanser (transcen-der?) avant de vous confier
au bons soins d'Indica Sound et de leurs champi-sons...
Plus d'info et résa : 04 227 89 00 ou betweenbrackets@skynet.be
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