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Dimanche 4 21h Prix Libre


        Elle adore Billie Holiday mais dit avoir du mal avec les chansons de jazz chantées par les femmes parce que c'est très "masochistique" : "elles se font battre par des mecs qu'elles continuent à aimer".

        À New York, elle écoutait beaucoup de chanteuses comme Edith Piaf, Joséphine Baker, Lucienne Boyer et, à son arrivée en France, elle a pu écouter Barbara et Serge Gainsbourg qu'elle adore.

        À New York, elle apprend le performance art, le théâtre improvisé, la comédie musicale, joue de l'accordéon, écrit des chansons et se produit sur les scènes d'avant-garde de East Village dès 1987. Si elle choisit ensuite l'Hexagone comme terrain d'atterrissage, c'est qu'à la fin des années '80, une partie des artistes qui faisaient des performances a été récupérée par le showbiz, la télévision, MTV...

        "Cela m'exaspérait un peu et c'est pour cela que je suis partie" en dira-t-elle. À New York déjà, elle commence à composer et à chanter en français; elle brode ses mots pour nous parler sans vergogne "des couilles des grenouilles et du fromage de Normandie qui pue tout en étant si bon". Elle nous parle de notre temps, entre consommation, aliénation et conformisme passif.

        Elle, c'est Jasmine et la décrire, c'est imaginer une grande bringue à lunettes en amandes, brune, affublée de vêtements improbables, dotée d'une voix ample, haute, frémissante ou enjouée. Avec son accordéon, elle se livre à un corps à corps déchirant : "c'est un orchestre complet, j'aime bien le look et, en plus, ça chatouille les seins" raconte-t-elle. Arrivée à Paris, elle rencontre son "bande" en 1994 : d'abord, il y a eu Stephen Harrisson (contrebasse) et Joe Doherty (violon) avec lesquels elle enregistre un premier album, Dijoohaffun (1997-Night&Day). Mais ceux-ci sont très demandés et le "bande", à la manière d'un véritable jazz band, se produit avec parcimonie sous des formats différents.

        Musique difficile à définir car Jasmine Bande cherche surtout à jouer la note que l'on n'attend pas ! Le plus souvent leurs chansons sont construites comme des blues : "un vrai blues" dit Jasmine, "mais étiré! Au lieu de douze mesures, ça en fait 228!".

        Pour ce concert, Jasmine sera accompagnée par la contrebasse de Stephen et le drum-kit d'Elisabeth. Dire de Jasmine qu'elle est l'Edith Piaf du troisième millénaire est exact si on lui accorde comme parents naturels Frank Zappa et Nina Hagen! Décoiffant et définitivement inclassable, Jasmine Bande est le groupe à ne pas manquer.

        Et, pour assurer un périlleux "lever de rideau", nous ferons confiance à un nouveau band local dénommé 3Q dns 1 pré. Contrairement à ce que pourrait laisser croire le nom du groupe, ce ne sont pas trois, mais bien quatre musiciens qui le composent. Ryton assure le chant et certaines percussions, Alice la flûte traversière, Raf le didjeridoo et d'autres percussions et Emilien le violon-gramophone. Atmosphère bucolique intimiste mais sans renier un vécu citadin,

        3Q dns 1 pré joue ses ritournelles en acoustique avec l'envie de faire gambader les esprits.

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