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Reprise en fanfare pour cette saison 2000/01 avec beaucoup de monde à tous les concerts et l'inauguration du nouveau rez-de-chaussée qui a vu défiler dans les 500 personnes sur les trois jours, avec des ambiances très différentes et le public itou. Pour le dimanche, il y avait des mamys (la mienne y compris) et des petits(-)enfants (... aussi!). Ambiance cabaret et tout le monde (ou presque) avait cuisiné une préparation sucrée ou l'autre. C'était bien gai et on remettra sans doute bientôt le couvert.
Vous vous étonnerez peut-être que la programmation pour ce nouvel espace soit encore balbutiante, mais la raison est que nous espérons que ce lieu fonctionne sur base de propositions-initiatives de groupes de personnes (ou bien encore d'isolé(e)s) avec le(s)quel(le)s nous co-organiserons des événements. Ces propositions commencent à arriver. Cela va "chier", on vous le garantit.
Au moment où j'écris ce pamphlet, les élections communales ont livré leurs résultats. La presse écrite (Le Soir, en particulier) fait en sorte de nous faire croire que le geste électoral que vous avez posé est à même d'apporter des changements radicaux, voire brutaux : "Le papillon Di Rupo écrase la ville" ou encore "Séisme à Bruxelles-ville" et "Raz-de-marée au Luxembourg".
Par contre, la montée du Vlaams Blok en Flandres et à Bruxelles fait l'objet d'analyses bien plus... nuancées. On dit dans ce même journal que "le Vlaams Blok fait encore grimacer les démocrates". On s'y questionne pour savoir "comment endiguer la marée brune?" ou si "le Belge est plus raciste que les autres Européens?". Et, sur la même page, on parle aussi de "guérilla P.S. et P.R.L.à Bruxelles".
Nuance car c'est vrai qu'il n'y a pas une mais plusieurs raisons pour lesquelles le vote protestataire se porte aujourd'hui sur l'extrême-droite; mais pourquoi utiliser des mots qui perdent totalement leur sens réel en qualifiant le banal, l'anecdotique? Que tente-t-on de nous faire croire?
On parle de supprimer le vote obligatoire ou alors d'accorder ce droit à tou(te)s les résident(e)s de ce pays. Comme si l'un ou l'autre tour de passe-passe suffirait. On écrit également qu'il serait grand temps que la classe politique se consacre aux "vrais" problèmes de la société et de citer dans la foulée essentiellement des problématiques sécuritaires (immigration, hooliganisme, insécurité). De quoi alimenter encore un peu plus la paranoïa ambiante! Et le vote sécuritaire (dans six ans).
La société est malade et plutôt que de tenter de comprendre cette "maladie" pour la "soigner", on cherche à "enfermer" les malades comme auparavant, on luttait contre la peste : en l'isolant, ce qui condamnait la ville entière. Je n'ai peut-être pas de "solution" à proposer, mais je pense que ce n'est pas en votant contre l'extrême-droite ou pour être "représenté" que l'on changera quoi que ce soit.
Une société plus tolérante se construit par tou(te)s chaque jour, avec des "petites" ou des "grandes" réalisations. Et la Zone, c'est cela pour moi. Il n'y a pas de service d'ordre, les prix restent accessibles (et si t'as pas d'fric, tu viens quand même nous donner un coup de main une fois par mois pour avoir droit aux entrées gratuites). Les gens peuvent se rencontrer plus facilement grâce à la dimension humaine du lieu et la présence de différents styles de culture qui permet l'établissement de passerelles entre celles-ci. Cela a pour conséquence qu'il n'y a, à la Zone, que de très très rares conflits débouchant sur de la violence. Mais bon, ne rêvons pas : la zone, c'est 300 mètres carrés et six à sept mille visiteurs par an. On est très loin du compte. Mais continuons à rêver, pensons qu'en multipliant les lieux de vie comme la Zone, on commence à apporter une vraie réponse au vrai problème. On recrée de la solidarité, des liens; on vit sa culture et on n'est plus réduit à un rôle de consommateur. La Zone, c'est plus d'une centaine de personnes qui la font vivre malgré leurs différences, ou plutôt grâce à leurs différences...
À plus.
JM
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