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Édito - février
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        La régularisation des sans-papiers, beaucoup d'entre nous l'attendaient. L'arrivée des écolos au gouvernement était prometteuse de lendemains un peu plus colorés que la grisaille des Ministres de l'Intérieur précédents.

        Régularisations, il y aura donc : plus de 30.000 personnes en séjour illégal dans notre pays sont sorties de l'ombre dans l'espoir d'obtenir ces fameux papiers qui leur rendraient la vie un peu moins problématique qu'actuellement.

        Mais voilà, les questions qui se posent aujourd'hui sont de savoir combien d'entre eux vont effectivement obtenir ces papiers et quelle politique d'accueil sera mise en place demain.

        Les craintes le plus souvent exprimées sont que la régularisation actuelle ne soit pas un acte généreux annonciateur d'un accueil plus humain des migrants mais, bien au contraire, la préparation d'une politique encore plus restrictive.

        Je partage cet avis et je crains que demain, l'usage des charters pour réexpédier les illégaux ne se banalise au sein de certains milieux associatifs. Faire taire les critiques en prétextant que l'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde et que la Belgique a déjà pris sa part risque d'être l'alibi du "réalisme" de certains.

        L'annonce, dans un rapport de l'O.N.U., de la nécessité d'accueillir en Europe dans les cinquante prochaines années plus de 130 millions de travailleur(euse)s pour maintenir en état le système actuel des pensions nous promet un débat où l'égoïsme, la xénophobie, le racisme et la bêtise vont fleurer bon l'odeur des "fosses d'aisances". Les propositions commencent à se bousculer au portillon : allonger le temps de travail (jusqu'à 75 ans), privatiser et créer des fonds de pensions, ou encore généraliser la proposition du FPÖ, le parti fasciste autrichien, en faisant venir des ouvriers sous contrats saisonniers suivant les besoins de l'industrie.

        Science-fiction? Pas tellement, du moins dans le cas de certains secteurs de l'industrie qui ont déjà annualisé le temps de travail et qui délocalisent à tour de bras vers des cieux jugés plus cléments. À moins que l'Europe de demain ne devienne le Moyen-Orient d'hier où ne subsisteraient que quelques pyramides comme signes visibles d'une civilisation à son apogée quelques siècles auparavant...

JM


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